La démocratie participative locale est devenue en quelques années l’instrument indispensable au service de la légitimité des pouvoirs publics. C’est aussi de la nécessité de reconnecter le citoyen avec les…

La démocratie participative locale est devenue en quelques années l’instrument indispensable au service de la légitimité des pouvoirs publics. C’est aussi de la nécessité de reconnecter le citoyen avec les décisions publiques dont il est question. De plus, face à des territoires usés par les séismes budgétaires, ce nouveau modèle d’organisation politique doit faire œuvre d’imagination et d’innovation pour perdurer. Nous nous sommes donc penchés sur les clés dont disposent nos administrations locales pour faire vivre cette participation citoyenne.

Prendre en main les outils numériques

  • Un questionnaire en ligne de participation citoyenne

Pour créer votre questionnaire, vous pouvez utiliser un outil gratuit et très simple : le Google form. Pour l’utiliser, il suffit d’avoir un compte Google. Il vous permettra de créer un questionnaire de façon très intuitive, en y rajoutant des conditions, des images, ou encore des vidéos si besoin. Vous pouvez par exemple présenter l’un de vos projet(s) dans une petite vidéo et demander aux citoyens ce qu’ils en pensent (parmi d’autres questions bien sûr).

Bien sûr, certaines règles sont à respecter : en tant que service public, vous êtes dispensé de déclarer votre fichier à la CNIL : mais attention, il ne faut surtout pas utiliser ces données à des fins commerciales ou pour des usages de campagnes électorale !

Pour qu’il soit accessible facilement, mettez-le à disposition sur le site de votre mairie, sur votre page Facebook d’élu.e, sur la page Facebook de votre collectivité, sur votre compte Twitter et celui de votre collectivité. Si vous en avez les moyens, glissez l’information sur des tracts de votre collectivité. Vous pouvez également demander aux acteurs locaux comme les associations, de le diffuser auprès de leurs adhérents et licenciés…et pourquoi pas aux commerçants et artisans également !

Dans la commune de Marmande dans le sud-ouest, les habitants sont invités à se prononcer sur le bilan de mi-mandat de leurs élus par le biais du site internet du groupe d’opposition “Demain Marmande”. L’actuelle majorité municipale est donc passée au peigne fin non plus par leurs adversaires politiques mais par leurs concitoyens. Les questions diverses se décomposent en des thèmes variés : économie, culture, sport, solidarités, cadre de vie, etc. Le dispositif, bien qu’il soit à première vue un moyen de reconnecter les citoyens aux décisions publiques est aussi une manière d’éviter les tensions politiques partisanes qui selon l’opposition « tournent souvent à l’affrontement, chacun assénant sa vérité sans réellement écouter les principaux intéressés que sont nos concitoyens ».

  • Les réseaux sociaux au service de ma collectivité

Vous pouvez en effet lancer un sujet sur la page Facebook de votre collectivité : il faut que votre post soit percutant, qu’il explique clairement ce que vous attendez des citoyens (sur quels sujets voulez-vous qu’ils donnent leur avis ? Donnez des exemples de sujets pour stimuler leurs idées).

Rendez attrayant votre site ou votre page : mettez-y des photos ou une vidéo ; par exemple, cela peut être une vidéo du Maire qui explique la démarche et demande aux citoyens de donner leur avis sur tel ou tel sujet.

Indiquez également que vous communiquerez les actions mises en place suite à cette concertation.

Et bien sûr, une fois que vous aurez collecté toutes les idées et que vous aurez mis en place un plan d’action, indiquez-le aux citoyens sur cette même page Facebook : là encore, étape indispensable !

Chez nos voisins belges, la commune de Braine-l’Alleud utilise Facebook et Twitter depuis 6 ans en s’en servant comme plateformes de relation directe avec ses habitants. Mais quelle est la raison d’une telle initiative ? Selon la mairie, lorsque des enquêtes publiques, des avis ou des publications sont émises sur le site communal, une partie de la population ne dit ne pas avoir le réflexe d’aller les consulter. L’idée a donc été de transférer ces informations sur les réseaux sociaux pour toucher un plus large public, notamment les populations jeunes. Plus intéressant encore une rubrique « sondages » a été ajouté permettant aux citoyens de donner leur avis sur certains projets. C’est d’ailleurs le cas pour les « aménagements urbains du parc du Centre et sur l’éclairage de l’hôtel de ville » .

La démocratie participative ne doit pas forcément être vue comme un objet connecté. En effet, elle peut consister en une mobilisation physique des citoyens.

Mobiliser physiquement ses citoyens

Je donne un rdv précis à mes citoyens pour prendre toutes leurs idées.  Par exemple, vous pouvez leur donner rendez-vous un samedi matin sur une place publique, en fixant un créneau horaire précis. Ne venez pas seul(e), pour pouvoir prendre les idées de tout le monde. Préparez-vous à répondre à des questions de tout type, les citoyens en profiteront certainement pour vous en poser.

Pour que la concertation soit organisée, préparer des sujets à l’avance et annoncez-les un à un, en terminant par « Autres » afin que les citoyens ne se sentent pas frustrés de ne pas avoir pu donner toutes leurs idées.

Une fois le plan d’action mis en place suite à cette concertation, communiquez-le par les moyens traditionnels dont vous disposez.

Je mets en place une application de démocratie participative dans ma collectivité

Plusieurs applications ont été développées dans l’optique de prendre l’avis des citoyens : Stig par exemple, application gratuite qui vous permet de consulter la volonté générale en temps réel dans votre collectivité et d’échanger avec vos concitoyens sur leurs idées, et les vôtres.

Si les conseils citoyens ne sont pas une nouveauté dans le paysage politique français, l’innovation est pourtant à retenir dans la ville de Foix qui au-delà de l’organisation quotidienne de son conseil citoyen depuis 2016, distribue dans les boites aux lettres un questionnaire, pour que les habitants puissent donner leur avis mais aussi émettre des remarques sur les perspectives politiques de la ville.

La démocratie locale n’est donc pas qu’un fantasme prôné par les idéalismes de rigueur. Elle est une réalité, une nouvelle marque de démocratie, une agora renouvelée et le nouvel étendard des politiques locales décomplexées. Il ne vous reste plus qu’à vous y mettre !