Les Journées européennes du patrimoine sont une occasion de faire découvrir autrement son territoire. Voici 3 leviers concrets pour les collectivités : valoriser le patrimoine local, mobiliser les habitants et les acteurs du territoire mais aussi faire une place au matrimoine.
🏛️ Journées européennes du patrimoine : 3 leviers pour les collectivités
Chaque année, au mois de septembre, les Journées européennes du patrimoine invitent les habitantes et habitants à pousser les portes de nombreux édifices et autres lieux souvent exceptionnellement ouverts au public.
Créées en France en 1984 à l’initiative du ministère de la Culture, elles mobilisent aujourd’hui les collectivités, les associations, les propriétaires privés, les acteurs culturels et de nombreux bénévoles autour d’un objectif commun : faire découvrir et transmettre le patrimoine sous toutes ses formes.
🔎 Découvrir le site officiel des JEP
Pour les collectivités locales, ce rendez-vous est donc bien plus qu’une occasion d’ouvrir un monument ou d’organiser quelques visites. C’est un outil pour faire connaître un territoire, créer du lien entre les générations, valoriser les initiatives locales et donner envie aux habitantes et habitants de regarder autrement leur environnement quotidien.
Et surtout, il n’est pas nécessaire de disposer d’un château, d’un musée ou d’un monument classé pour participer. Une ancienne école, une mairie, un lavoir, un atelier, un paysage, des archives, un savoir-faire ou simplement la mémoire des habitants peuvent constituer la matière d’un programme.
Alors, comment vous emparez-vous des Journées européennes du patrimoine ?
🏛️ Faire découvrir le patrimoine de son territoire
Le patrimoine ne se résume pas aux monuments historiques ou aux édifices remarquables. Il peut être rural, industriel, maritime, naturel, architectural ou immatériel. Il se trouve parfois juste devant nos yeux : une ancienne gare, une halle, un moulin, une fontaine, une ferme, un ancien commerce ou encore un paysage façonné au fil des générations.
Une collectivité peut par exemple proposer :
- une balade historique dans les rues de la commune ;
- une visite commentée d’un bâtiment habituellement fermé au public ;
- un parcours autour du patrimoine industriel, agricole ou maritime ;
- une découverte des paysages et de leur évolution ;
- une exposition consacrée à l’histoire d’un quartier ou d’un village ;
- une visite permettant de comprendre la transformation d’un lieu au fil du temps.
Les formats sont très libres : visites, conférences, expositions, démonstrations de savoir-faire, spectacles ou parcours peuvent trouver leur place dans la programmation.
🤝 Faire participer les habitants et les acteurs locaux
Une partie importante du patrimoine n’est pas conservée dans les musées ou les archives : elle est dans la mémoire de celles et ceux qui vivent ou ont vécu sur le territoire. Les JEP peuvent donc être l’occasion de faire participer directement les habitants.
Plutôt que de chercher nécessairement un monument exceptionnel, pourquoi ne pas demander : « Quel lieu de notre commune mériterait d’être mieux connu ? »
Cette question peut faire émerger des idées auxquelles la collectivité n’aurait pas spontanément pensé.
La commune peut également lancer un appel pour collecter des photographies anciennes, des documents familiaux, des témoignages ou des anecdotes. Ces contributions peuvent ensuite donner lieu à une exposition, une publication, une projection ou une balade commentée.
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Faire dialoguer les générations
Cette démarche présente également un véritable intérêt intergénérationnel.
Des élèves peuvent travailler avec les habitants sur l’évolution d’un quartier. Des jeunes peuvent interviewer leurs grands-parents sur les métiers autrefois exercés dans la commune. Une association peut recueillir les souvenirs liés à un ancien commerce, une fête locale ou un lieu aujourd’hui disparu.
Le patrimoine devient alors un support de transmission et de dialogue entre les générations.
- S’appuyer sur les acteurs du territoire
Les associations historiques, sociétés savantes, bibliothèques, écoles, artistes, artisans, propriétaires privés, acteurs culturels, offices de tourisme ou simples habitants passionnés par l’histoire locale disposent souvent de ressources précieuses.
La collectivité peut jouer un rôle de coordination et de mise en réseau, plutôt que de porter seule l’ensemble du programme.
À l’échelle intercommunale, cette logique peut même permettre de construire un parcours reliant plusieurs communes ou de faire découvrir des patrimoines complémentaires.
💡 Le bon réflexe : recenser ce qui existe déjà avant de créer de nouvelles animations. Les JEP peuvent être l’occasion de mettre en lumière des initiatives qui existent toute l’année, mais qui restent parfois peu connues du grand public.
👩 Faire une place au matrimoine
Le patrimoine raconte une histoire. Mais quelles histoires choisissons-nous de raconter ?
Le terme matrimoine désigne l’ensemble des biens, des savoirs, des œuvres, des lieux et des héritages transmis par les femmes ou qui témoignent de leur contribution à l’histoire collective.
Dans une commune, cela peut concerner des réalités très concrètes : une ancienne commerçante, une institutrice, une agricultrice, une artiste, une résistante, une entrepreneuse, une responsable associative ou encore une élue qui a marqué l’histoire locale.
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Où chercher ?
Une photographie ancienne peut ainsi permettre de raconter le travail des femmes dans une usine ou un commerce. Une ancienne élue peut témoigner de l’évolution de la vie municipale. Une association peut raconter l’engagement de plusieurs générations de femmes dans la commune.
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Et dans l’espace public ?
Les Journées européennes du patrimoine peuvent également permettre d’interroger la manière dont l’histoire est visible dans l’espace public.
Quels noms portent les rues, les places et les équipements municipaux ? Quels personnages sont représentés sur les plaques, les statues ou les monuments ? Les femmes qui ont contribué à l’histoire locale sont-elles identifiées ?
Cette réflexion peut ouvrir des pistes pour les politiques municipales à plus long terme : nouvelles dénominations, plaques historiques, parcours mémoriels, expositions ou travaux de recherche avec les écoles et les associations.
🔎 Pour aller plus loin : découvrez notre article sur la place des femmes dans les noms de rues et l’espace public


